03/12/2018

UN NOUVEAU CERVEAU POUR UNE NOUVELLE ANNEE!

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De l’autre côté de l’océan..

Où étiez — vous le 11 septembre 2001 lorsque les tours de NY ont été la cible d’attaques ?

Avec qui ? quel temps faisait-il ?

Maintenant, essayez de vous souvenir de ce que vous faisiez le 11 septembre de l’année passée ?

Aïe ! à moins que vous ne puissiez rattacher cette date à un événement en particulier, vous serez incapable de vous en rappeler.

Donc vous pouvez vous remémorer des faits avec précisions qui remontent à plus de 17 ans et n’avoir aucun souvenir de ce que vous avez vécu il y a seulement un an.

Et ce, sans pour autant déclencher une crise de panique. Sauf si, naturellement, vous avez vécu ce drame personnellement.

Comment est-ce possible ?

Hypermnésie..

Votre cerveau a réalisé l’impossible ! Graver votre mémoire. Manque de pot, c’est pas forcément ce que vous auriez choisi de garder en tête. D’ailleurs, les blagues trop drôles, comme c’est étrange… on s’en rappelle plus !

Élémentaire mon cher Watson..

En 1920, le Dr John Watson pratique une expérience sur Albert, âgé de 11 mois.

Dans un premier temps, il présente une souris à bébé Albert qui trouve l’animal plutôt rigolo. Une fois les présentations terminées, Watson remontre la souris à bébé Albert en y associant un bruit violent et réitère l’expérience jusqu’à ce que l’enfant à la seule vue de la souris sursaute de peur et pleure. Puis, il va faire de même avec d’autres animaux. Résultat, bébé Albert devint complètement phobique des animaux.

À travers cette expérience éthiquement douteuse surtout pour un observateur contemporain, Watson démontre à l’instar du chien de Pavlov quelques années plus tôt, que l’environnement est propre à impacter un comportement humain bien au-delà de facteurs biologiques.

Les petites cellules grises..

Le développement du cerveau humain est essentiellement post-partum sur une période s’étalant de la naissance jusqu’à l’âge de 21 ans environ. Durant ces années, le cerveau sera façonné par l’éducation.

Pourquoi ? Parce que nous sommes bipèdes ce qui implique que pour nous tenir debout, nous avons besoin d’un bassin étroit. Si alors nous devions naître avec un cerveau fini, sa taille et son poids nous décourageraient à nous redresser.

L’éducation : « Non ! on ne gribouille pas sur les murs ! »

Lorsque nous sommes bébés, nos gentils parents se chargent de nous faire rentrer dans le ciboulot les différents codes sociaux auxquels nous devrons nous plier afin que nous puissions être adaptés au monde dans lequel nous serons amenés à évoluer.

Nous serons capables de tisser des liens, de communiquer. Nous serons initiés à des rituels comme se brosser les dents, se laver les mains avant de passer à table ou faire des bisous pour remercier d’un cadeau même si le chef de papa sent mauvais. On nous enseignera que bleu c’est bleu et pas rouge — à nous exprimer sur les supports adéquats avec un tablier !

Bref, chaque humain fait l’expérience de la dépendance et de l’autorité pour être conforme à son environnement socioculturel. Ça c’est fait !

Partant, un petit enfant n’est pas un monstre hystérique qui prend un malin plaisir à faire tourner ses parents en bourrique.

Bien au contraire, sa capacité à se déterminer et à s’adapter va évoluer au fur et à mesure que son cerveau grandira en même temps que ses parents lui enseigneront comment être conforme.

Effectivement, l’espèce humaine ne peut vivre seule. Nous avons besoin de l’autre pour nous nourrir, nous aimer et nous accompagner sur ce grand chemin de la vie.

Souvent, je reçois des parents au cabinet au bout du rouleau « il ne supporte pas de rester seul », « il ne veut pas prendre le biberon ». Alors je les tranquillise en leur disant qu’ils ne doivent pas prendre ces manifestations personnellement. Bébé n’est pas un terroriste, c’est simplement qu’il ne sait pas encore comment faire.

Déjeuner en paix !

La manière dont une famille se réveille le matin est révélatrice de l’ambiance qui règne dans une maison.

Par exemple, si vous avez l’habitude de sortir du lit en mode « panique à bord », votre état d’esprit est à rapprocher de celui d’un hamster qui tourne dans une roue « retard ! retard ! »

Des mots que vous répétez en boucle selon un process quasi automatique « dépêche-toi », « mais où sont tes affaires de piscine ? », « c’est toujours pareil, hein ? mais quand est-ce que tu vas penser avec ta tête ? »

Tous les dysfonctionnements ont une même et unique origine et ce, qu’il s’agisse d’un bébé qui dévisse sec ou d’un ado en roues libres, ils sont l’expression de parents épuisés par une société qui ne lâche jamais son emprise : impôt, boulot, dodo.

Pas de double peine!

Culpabiliser ne fera qu’augmenter votre stress. Puis, c’est avec nostalgie que vous vous souviendrez des nuits blanches quelques années plus tard, quand bébé devenu grand vous étonneras par sa capacité de raisonnement. « Maman tu es la plus belle du monde ! Au fait, t’aurais pas dix balles ? »

Alors, oui, chers parents, à cet instant précis, vous saurez que vous avez fait du bon boulot ! Vous aurez réussi un miracle, modeler  le cerveau de votre enfant afin qu’il puisse être autonome.

Prendre soin d’une bonne terre pour obtenir de bons fruits

Dans notre société, nous définissons le traumatisme comme la conséquence d’un choc au cerveau qu’il soit provoqué par une émotion intense ou un coup sur la tête. Nous l’associons à un événement extraordinaire.

Or, un terrain traumatique peut être créé inconsciemment.

Prenons l’exemple d’un enfant dont le père répète tous les jours « tu es nul en math ». Jusqu’au jour où, l’impossible se réalise. Le fils prodigue obtient une super note. Porté par sa joie, il s’élance vers son papa .  

Manque de pot, c’est pas le bon jour, papa vient d’être licencié. Il n’a pas le temps d’ouvrir sa bouche qu’il reçoit en guise de félicitation une mega baffe, « file dans ta chambre, c’est pas le moment ! ».

De deux choses l’une. Soit, papa donnera une explication à son comportement et présentera ses excuses en félicitant son fils et là, pas de trauma. Soit, il n’y pensera plus et l’enfant sera livré à lui-même pour trouver une raison à sa baffe alors qu’il a super bien travaillé à l’école.

Dans la deuxième hypothèse, un terrain traumatique est créé. L’enfant n’a pas encore la capacité mentale suffisante pour trouver un sens rationnel à cet événement. Il devra aller puiser dans ses ressources émotionnelles que son âge lui offre.

La maltraitance ne signifie pas avoir été attaché à un radiateur et nourri de miette de pain sec. Un enfant maltraité est simplement un enfant qu’on ne prend pas la peine d’écouter avec une attention bienveillante.

Il est donc fondamental que nous, adultes, prenions conscience de la responsabilité qui nous incombe dans le développement du cerveau des enfants. Un terrain favorable à des comportements dysfonctionnels se cultive dans la petite enfance avant l’âge de 8 ans.

La douleur du cerveau, c’est l’angoisse..

Nous avons tous besoin de trouver une cohérence entre nos pensées et nos actions. Ainsi, lorsqu’un écart commence à se former entre ce que nous pensons devoir faire et ce que nous faisons effectivement, nous ressentons un grand malaise.

Pour faire face à cette impuissance irrationnelle, le cerveau va nous alerter en augmentant la sécrétion de certaines hormones responsables du stresse et de l’angoisse afin de nous permettre de reprendre le contrôle.

L’anxiété est au cerveau ce que la brulure est à la chaire. Ça fait mal !!

Tableau de bord et gestion des risques !

Le cerveau a pour unique objectif : maintenir la survie de son organisme. Selon une recette bien rodée : limiter la casse !

Il est ainsi capable de réaliser des calculs plus rapidement que ne le ferait n’importe quelle intelligence artificielle.

Tenez ! quelle est la distance de freinage pour un véhicule d’une tonne lancé sur une pente à 5 degrés à une vitesse de 50 km/h par temps de pluie ?

Pourtant, ce genre d’estimation, votre cerveau le réalise tous les jours à chaque fois que vous devez traverser une route « impact dans 5 secondes ! »

Jamais vous ne lirez sur la manchette de la TdG « Erreur de calcul mental, un piéton se fait écraser par une voiture ».

En conséquence, vous prémunir contre les risques fait partie intégrante de votre éducation. Vous avez appris à traverser !

Une chose en entrainant une autre…

Puis un jour, il se pourrait que vous déclenchiez la peur du vide, la peur de traverser des routes, la peur de rentrer dans un ascenseur, une phobie du mariage, etc..

Petit à petit, votre cerveau semble comme atteint d’un virus « aversion au risque majeur — tolérance zéro » et se mette en mode « vigipirate ».

Et cela fait d’autant plus peur que personne ne peut voir ce qu’il est en train de se passer dans les rouages de votre machine cérébrale.

Pire, on vous dira que vous êtes bizarre, on remettra en question votre manière de fonctionner « mais qu’est-ce qu’il t’arrive ? Ça ne te ressemble pas ».

Au début, vous trouverez des parades. « Bon, les escaliers c’est mieux pour la santé ». En voiture vous éviterez les axes avec des ponts « ce chemin est plus sympathique ». « Si j’ai peur de l’engagement, c’est parce que mes parents sont divorcés », et j’en passe.

Vous mettrez de plus en plus d’énergie à vous raconter des histoires. Pourquoi ? Parce que votre cerveau doit contrôler. S’il perd le contrôle, s’il ne comprend pas ce qu’il fait, alors il augmente son stresse.

Se prendre les pieds dans le câble !

Jusqu’au moment où l’énergie déployée à cacher vos peurs devient omniprésente dans toute votre vie et là, vous commencez à avoir peur de vous-même, de ce que vous pourriez penser.

Un peu comme si, une puissance, une force extérieure avait pris possession de votre espace mental.

M’enfin !?

Le comble c’est que ces peurs sont le fruit de votre propre production ! Évidemment qu’elles sont terribles pour vous, puisque faites « sur mesure » par votre expérience. Votre subconscient sait parfaitement ou appuyer pour vous ficher une trouille d’enfer !

Et ce pour une simple raison, la peur ne dit qu’une chose : bouge tes fesses ! trouve ce qui bloque !

Ainsi, plus vous serez dans le déni en tentant de justifier une peur et plus vous serez figé et plus votre stresse augmentera !

Pour sortir de cette spirale infernale, vous devez avoir en tête que la peur, l’angoisse et le stresse sont des alarmes qui vous informent que quelque chose ne va pas.

Est-ce que si vous sentez une odeur de brûlé dans votre maison vous restez tranquillement dans votre canapé en vous disant « tout va bien, le voisin fait un BBQ ? Ben non ! votre première réaction sera d’aller vérifier que tout est en ordre chez vous et, si tel est le cas, chercher l’origine de cette fumée étrange à l’extérieur. Quoi qu’il en soit, vous ne cesserez vos investigations que lorsque vous aurez trouvé un sens à cette odeur.

Les infos dans le cerveau 

Nous ne savons pas très bien comment tout cela fonctionne exactement.

La raison est assez simple puisque le système de classement par le cerveau nous est inconnu. Et comme vous le savez, un livre mal rangé est un livre perdu. Pire dans notre cas puisque le cerveau n’a ni livre ni bibliothèque. Notre seule piste, travailler sur les ressentis émotionnels.

Ce qui compte c’est de donner au cerveau la possibilité de recommencer un autre archivage, l’émotion bloquante en moins.

L’archivage nocturne..

Nous savons que lorsque nous dormons, notre cerveau fait ce que nous appelons du “classement hippocampique” soit, ordonne et range tout ce que nous avons vécu durant la journée sous forme d’images, de mises en scène et d’émotions. Ce qui apparaît le plus clairement ce sont les rêves, souvent étranges et parfois carrément épouvantables, les cauchemars.

Pas de panique, c’est une très bonne chose, cela signifie que le cerveau est en train de faire le ménage.

Seul hic, si dans votre tête c’est le bric-à-brac, le classement risque d’être… original ? “Chéri ! j’ai retrouvé la passoire ! Elle était dans le coffre de ta voiture !”

Puis, plus vous serez stressé et plus facilement vous serez réveillé et épouvanté. Vous pouvez vous en rendre compte si vous avez le sommeil léger et que le moindre bruit vous réveille.

Pour vous sentir frais comme un gardon, votre cerveau a besoin de plusieurs phases en alternant différents états. De la détente au sommeil paradoxal, à la perte de conscience. Un sommeil provoqué artificiellement (anesthésie, somnifères) n’est pas réparateur vous faisant passer de l’état d’éveil à celui du sommeil profond à la vitesse d’une pierre qui tombe depuis une falaise. Boom !

Nous y voilà..

Plus le cerveau sera développé et entrainé et plus il sera capable d’analyser et de se déterminer de manière sereine. Ainsi, de graver finement sa mémoire.

OK ! donc quelle différence entre les souvenirs du 11 septembre 2001 et bébé Albert 11 mois phobiques des animaux ?

La différence est de taille et concerne celle du cerveau.

C’est uniquement par notre capacité d’analyse, fruits d’années d’apprentissages que nous pourrons, avec la précision du chirurgien et la rapidité du tireur d’élite nous remémorer ce que nous faisions exactement le 11 septembre 2001 sans amorcer une crise de panique.

Cet exploit n’est possible que parce que nous avons acquis un savoir collectif partagé, puisé à la source de notre environnement socioculturel dont nos parents sont les traducteurs.

Soit, assimiler le temps du calendrier qui n’est pas celui de notre pensée. Quand nous passons du bon temps, il vole. En revanche, quand nous faisons la queue à la poste, le temps semble arrêté.

L’heure, les dates et autres repères calendaires sont des conventions culturelles créent pour permettre des actions collectives - éviter de se retrouver à poireauter devant la banque à 4 h du mat !

Ensuite, nous avons dû apprendre ce qu’est une bombe, un terroriste, un avion. Bref, nous avons dû acquérir énormément de connaissances, mais aussi faire l’expérience d’émotions, notamment celle de la perte et de la mort.

Pour toutes ces raisons, on comprend dès lors qu’Albert puisse déclencher une phobie sans pour autant se rappeler les détails de  l’épouvantable expérience menée par le Dr Watson.

Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous sur mon site: www.hypnotherapie-geneve.ch

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Commentaires

Mais 93% de la population a déjà transféré son cerveau sur son iphone!

Écrit par : Dominique Degoumois | 11/12/2018

Répondre à ce commentaire

Certes, la marge de manoeuvre est serrée. Je suis bien d'accord avec vous. Raison pour laquelle toutes les personnes qui ont une quelconque autorité sur un enfant doivent avoir à l'esprit qu'ils peuvent marquer le cerveau du tout petit et impacter son développement. Par autorité, je parle d’un rapport de subordination entre un adulte et un enfant, qu'il soit de nature familiale (parents, amis) ou par le biais de l'éducation (professeurs, éducateurs, patrouilleurs scolaires, etc..). Ce n’est pas le Graal, je vous l'accorde, mais si on peut mieux faire, ça serait ballot de s’en priver.

Écrit par : Delphine Perrella | 12/12/2018

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