16/09/2018

Entrez dans la transe en danse!

BLOG TDG image tour de contrôle.jpgFaites comme si…

Imaginez un instant que vous tenez dans votre main un demi-citron. Puis, faites comme si vous mordiez dedans à pleines dents !

Observez…

Intéressant n’est-ce pas ? Le simple fait de penser que vous croquez dans la pulpe juteuse d’un citron va instantanément provoquer une réaction identique à celle que vous auriez eue si vous aviez vraiment mangé un citron. Alors que nous sommes bien d’accord, ce n’est pas réel.

L’être humain est ainsi capable de recréer par sa seule imagination une sensation qu’il a déjà expérimentée.

Tout ce que nous avons expérimenté s’imprime quelque part dans notre corps, et ce, dans le but de garantir la survie de notre espèce humaine. Dans l’exemple du citron, le ressenti amer est produit par la stimulation des papilles arrière de la bouche, lesquelles transmettent l’information au cerveau via une fibre nerveuse.

Le goût amer et son rictus de dégoût seraient de nature à indiquer : danger poison !

Sauf que..

« Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. Les souvenirs et les regrets aussi ».

Dans notre quotidien, le fait de se remémorer des événements du passé va générer de la tristesse, de la mélancolie et, malheureusement moins fréquemment, de la joie.

Assis tranquillement dans le canapé, nous avons le pouvoir phénoménal de sélectionner parmi les expériences de notre passé celles que nous souhaitons revivre dans notre corps. Pourtant, regardez autour de vous, rien n’a changé.

Ce que Jacques Prévert nous donne comme truc anti-bourdac, c’est de sortir de l’imaginaire, de prendre une pelle et de ranger les souvenirs tout comme nous le ferions avec des feuilles mortes.

Bref, prends conscience de tes pensées et range celles qui te plombent le moral.

Houston, we’ve got a problem…

Sauf que si sortir du bourdac était aussi simple, ça se saurait et Prévert aurait écrit quelque chose comme « quand t’as pas le moral, gros couillon, pense à autre chose ! ».

Bon, je dois être honnête et malheureusement partager avec vous une recherche peu encourageante.

Selon les scientifiques, notre cerveau produit en moyenne 75'000 pensées par jour dont 99 pour cent, pour les plus optimistes de ces chercheurs, sont les mêmes que celles de la veille.

Donc, si je pense la même chose que la veille, cela signifie-t-il que je vis toutes les journées de la même manière ? Mais encore plus effrayant, si je fabrique les mêmes pensées, est-ce que je ne suis pas en train de projeter mon passé sur mon futur ?

Au secours !!!! Il y a donc bien une fatalité ! C’est donc vrai « les emmerdes volent en escadrille ». En gros, quand t’as la scoumoune, ben… t’as la scoumoune !

 Soirée TV…

Vendredi soir, après une semaine soumise aux rythmes des contraintes organisationnelles d’une rentrée des classes et son lot d’expériences fantastiques : courses, liste de courses, recherche active DU tablier de peinture, « mais maman, comme celui de Manon enfin ! ».

Les inscriptions aux activités parascolaires, mais surtout pas les mêmes que celles de l’année passée, « non ! cette année, j’aimerais faire du hip-hop ».

La gestion active des conflits, « Si Fleura peut faire du ping-pong, je vois pas pourquoi je pourrais pas faire aussi de la boxe ? ».

Heu ?! Ben… c’est 19h30, je viens de poser les courses sur la table de la cuisine. « Comment te dire ma chérie ? Tu me laisses aligner mes neurones pendant que tu prends ton bain ? »

Bref, vendredi 16h, fin de semaine, ma cote de popularité au plus bas et, à voir la tronche de ma fille et son sac de classe qu’elle traine comme un vieux débris, pas de doute, le we s’annonce pas folichon.

Mon cerveau est à fond : glaces ? Bonbons ? Shopping ? Une rapide estimation des trucs qui ont fait leurs preuves et voilà le travail ! « Hey ! les filles, ça vous dit de manger devant un film ce soir ? ».

Imparable ! Le sac à dos reprend sa place sur l’épaule, leurs visages s’illuminent ! « Trop bien maman !!! ».

Ouf ! c’était moins une !

Une maman c’est ? 1. Un JO, 2. Un diplomate 3. Un juge de l’Inquisition ?

Assises sur le canapé, plateau-repas sur les genoux, télécommande en main, sur l’écran s’affiche la page d’accueil de Swisscom TV. Jusqu’ici, tout va bien ! RAS !

Choix du film ? Le ton monte. Tels des boulets de canon manquant leurs cibles, les arguments fusent, « Caroline est sortie mercredi avec ses copines, alors c’est moi qui choisis ! », « oui, mais Fleura elle a des nouvelles baskets ! ».

Les regards se tournent dans ma direction. Bras croisés. Déterminées. En attente du Verdict. « Alors maman ? ».

Poisse ! Là, c’est pas bon, mais alors, pas bon du tout. Je me lève d’un coup, me tape la main sur le front « Zut ! je dois faire un truc super important que j’avais complétement oublié avant. Choisissez et j’arrive ! ».

Cinq minutes plus tard, toutes guillerettes, elles viennent me chercher « c’est bon tu peux venir, on a choisi ! ».

La chute…

Et là, c’est moi qui manque de me prendre les pieds dans le tapis de ma mauvaise humeur : « Vraiment ? Mais enfin les filles, on a déjà vu ce film au moins dix fois ?!». « Ben oui, c’est trop bien, comme ça on sait comment ça finit et on n’a pas peur ».

Oups !

Si 99 pour cent des idées que nous avons sont les mêmes que celles de la veille, si comme les enfants, ce que nous connaissons nous rassure, se pourrait-il qu’inconsciemment, nous reproduisions les mêmes schémas de pensées par… confort ? Se lever le matin avec le moral dans les chaussettes serait… confortable ?

Les pensées virales autodestructrices

Lorsque je travaillais dans la Banque il y a bien longtemps, j’avais une cheffe complètement cinglée. Atteinte de sérieux troubles de la personnalité qu’à l’époque, mon ignorance en psychopathologie ne m’avait pas permis d’identifier, je fis les frais d’un mobbing en bon et due forme ! L’horreur !

Au début, c’était de petites remarques « je me demande comment tu as pu réussir ta licence en droit ? », « ton pantalon te fait une silhouette étrange » et j’en passe. Puis, elle jugea que je devrais acquérir de nouvelles connaissances. Elle mit en place des quizz thématiques sur des sujets improbables auxquels je devais répondre avant de quitter le bureau le soir.

À cette époque, je venais de donner naissance à ma cadette, j’étais fatiguée et ces tests me faisaient rentrer de plus en plus tard à la maison. Je me disais que j’étais vraiment nulle, pour sûr, mon congé maternité avait eu raison de mes capacités intellectuelles.

De la faille à l’abysse…

Le soir au dîner, je m’épanchais sur l’épaule de mon compagnon. Avant d’éteindre la lumière, j’étais encore engluée dans cette histoire « Non, mais tu te rends compte ? Ça va pas aller, tu vois quoi ? Hein ? tu dis rien ?! C’est normal ?».  J’avais de plus en plus de peine à m’endormir. Je devenais irritable. Ma cheffe était partout dans ma tête.

Ici, deux explications étaient possibles. Soit, le super pouvoir de ma cheffe de me hanter h24 était à mettre sur le compte de sa nature divine ou cyborg. Soit, j’étais en train de sombrer dans un délire.

L’habitude, c’est quand tu penses que t’es en train de glisser sur le toboggan d’un parc aquatique alors que t’as l’arrière-train posé sur la rampe de lancement d’une base aérospatiale.

À cette époque, tous les matins, je me réveillais avec la RTSinfo et ses mauvaises nouvelles qui n’ont d’ailleurs pas vraiment changé : réchauffement climatique, surpopulation carcérale, interview de politiciens ruminants et dépassés. Bref, je me levais systématiquement dans cette ambiance de fin du monde, et je vous le donne en mille, ma première pensée était pour ? MA CHEFFE !!!!

Ah ! Mais au fait,  j’y pense !  Un pour cent de pensées nouvelles par jour sur 75’000, ça fait combien ?

Voilà l’idée qui sauva ma santé mentale, le genre d’idée sur laquelle en temps normal je ne me serais même pas retournée.

J’ai choisi un matin d’écouter Marvin Gaye à la place de la RTSinfo ! Ben oui, fallait y penser !

Fuyez braves gens !!!

Quand on est dans une ambiance négative, nos pensées prennent la même coloration. On devient terne, cynique, envieux. D’ailleurs, une étude a récemment conclu que notre manière d’être serait la moyenne des cinq personnes qui nous sont le plus proche (pas de bol ! collègues et chefs inclus).

Par conséquent, si nous sommes entourés de personnes positives, nous avons de grandes chances d’être de bonne humeur. Bien plus encore, si nous ressassons des idées négatives, on plombe l’ambiance.

Transe en don !

Que vous imaginiez mordre dans un citron, que vous soyez absorbé par vos pensées ou plongées dans un monde qui ne correspond pas à ce que vivent les personnes qui vous entourent. Dans toutes ces situations, vous êtes en transe.

Dès que l’imaginaire intangible et invisible prend le dessus sur la réalité, elle, tangible et visible et bien, vous êtes en transe !

Vous avez des questions ? rendez-vous sur mon site www.hypnotherapie-geneve.ch

 

20:28 Écrit par Delphine Perrella | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

17/08/2018

Hypnose, quesaco??

BLOG 1 IMAGE DORMIR.jpgCommencer la rédaction d’un blog au sujet de l’hypnose et de l’hypnothérapie m’a d’emblée posé un problème majeur car il n’existe aucune définition universellement reconnue de ces pratiques. Vous pouvez consulter les ouvrages spécialisés, demander à des praticiens, chacun aura une définition en fonction de l’école dont il est issu ou de sa propre compréhension.Le plus souvent on vous donnera des exemples pour illustrer l’état hypnotique.

Ouvrez un crâne humain et vous y trouverez deux lobes distincts et parfaitement symétriques reliés au corps calleux. Vous y trouverez des milliards de neurones connectés entre eux. Mais aucun signe de transe, de conscient, de subconscient et encore moins d’inconscient.

Il n’est pas plus aisé de définir ses ressentis, ses émotions, produits d’un processus de métabolisation spécifique et dépendant d’une alchimie qu’à ce jour nous ne pouvons expliquer. Nous sommes semble-t-il une subtile combinaison d’un patrimoine génétique, d’un environnement, d’une époque, de croyances et de symboles…

Que de problèmes, me direz-vous !!! J’en conviens. Car si on résume, nous avons : une discipline dont les auteurs ne s’accordent pas sur une définition et des comportements et des pensées fabriquées par un objet gélatineux que nous ne pouvons saisir qu’au travers de la création de concepts abstraits et insaisissables, telles que des émotions, des ressenti ou des sensations.

Le soufflé retombe..

Ainsi, mon enthousiasme à partager via ce blog sur cette discipline a rapidement tourné à la méga prise de tête !

Assise sur ma chaise, mains posées sur le clavier, je passe mon temps libre à une activité passionnante qui se résume selon la chronologie: trouver une idée – écrire – réaliser que l’idée est mauvaise - effacer – faire le tour des blogs en quête d’inspiration – retrouver une idée – écrire – effacer et ainsi de suite.

Après quelques nuits soumises à ce régime émotionnellement épuisant, oscillant entre des pics d’« eureka » et leurs chutes « mais c’est nul !», cumulées à mon manque de sommeil, complétées par les remarques pressantes de mes proches, « alors c’est pour quand ? quel sera ton premier sujet ? » et l’énergie que je déploie à cacher ma misère intellectuelle dans laquelle je m’enlise, je prends la décision de laisser tomber: « je suis thérapeute et non écrivain, chacun son métier ».

Fin de l’histoire ? pas vraiment

Je fais mienne l’incapacité à donner une définition claire de l’hypnose. Je rumine. De fil en aiguille, je sombre dans un discours  interne épuisant « t’es cap’/ pas cap’ » et son wagon d’arguments contradictoires. Je commence à saturer !

L’improbable sauvetage

Un soir, après une journée à enchainer les consultations je retrouve une collègue pour dîner. Dans une ambiance décontractée d’un bistrot du centre - ville, légèrement grisée par un excellent Bourgogne, c’est la peur au ventre que je lui avoue toute la vérité sur mes incapacités supposées, signe évident de mon esprit limité. « Penses-tu que j’ai atteint mon plafond de verre ? ».

Silence. Elle pose son verre, se passe la main sur la nuque. Mauvais présage !  C’est alors que se produit l’improbable. Tel un essaim de sauterelles s’attaquant à un champ de blé, nous sommes saisies d’un fou rire dévastateur à nous décrocher les intestins. Tentant de reprendre son souffle, elle essaie de comprendre « mais comment tu en es arrivée là ? ». Rien n’y fait, c’est reparti de plus belle. Incapable de la moindre cohérence, suffocante, je prends soudainement conscience de l’absurdité dans laquelle je me vautre depuis des jours. Un véritable exploit d’auto-sabotage !

Plus tard, enfin délestée de mes pensées paralysantes, je décide de me prélasser dans un bain moussant. Détendue, le regard dans le vague, mon gros orteil affairé à gérer l’arrivé d’eau chaude. Surgit brusquement LA pensée EUREKA ! Tout s’éclaire, mais c’est bien sûr ! Si je n’arrive pas à rédiger ce blog, c’est simplement parce que je ne sais pas à qui je m’adresse. Expliquer ce qu’est l’hypnose, une transe hypnotique, ne dépend pas d’une définition mais bien de la personne à qui je m’adresse. Mais qui va lire ce blog ? Des experts de la psyché ? Des lecteurs qui n’ont jamais vécu une séance d’hypnose ? Des initiés ?

Voilà tout l’enjeu d’un message. Pour qu’une communication devienne information, il faut un émetteur et un récepteur. Comme dans toute thérapie, il convient de créer un champ thérapeutique performant basé sur un seul rapport : le lien de confiance entre le thérapeute et le patient. Et de facto, une double capacité : celle du thérapeute à comprendre comment l’Autre se représente le monde pour pouvoir l’accompagner. Celle du patient à s’investir dans un processus de prise de conscience de ses fonctionnements internes.

Un voile se lève. Je me lance !

Selon moi, l’hypnothérapie est une discipline à part entière, avec ses auteurs, ses courants, ses écoles de pensées, son histoire. Sa particularité réside dans le fait que la thérapie se déroule sous hypnose. Ainsi, l’hypnothérapeute doit être en mesure d’induire chez le patient le niveau de transe performant en fonction de l’objectif poursuivi (tout sur la transe dans mon prochain blog !). Mais également d’avoir la capacité d’exploiter la transe dans une visée thérapeutique. 

Un hypnothérapeute qui ne sait qu’induire des états de transes est un hypnotiste mais pas un thérapeute.

L’exercice de cette profession est particulièrement exigeant. Elle requiert une forte capacité de concentration de la part de l’hypnothérapeute, qui doit travailler sur plusieurs plans simultanément : induction et stabilisation/gestion du niveau de transe et axe thérapeutique.

Enfin, un brin de subjectivité selon la recette « le succès d'un blog » de Mabut  : La pincée de sel !

Souvent méconnue du grand public comme des médias, l'hypnothérapie est malheureusement encore considérée comme un outil au service du corps médical comme à l'intérieur d'institutions hospitalières. Abracadabra! et l'hypnose se transforme en placebo rigolo! Au prix de quelques formations internes et de bonnes campagnes publicitaires, le pauvre patient déboussolé trouvera, pour sûr, la clef de son malaise anxiogène "les pieds dans le sable et la tête dans les étoiles, doucement bercé par la houle envoûtante d'une mer turquoise".

A mon avis, ce défaut de compréhension est probablement inhérent à la crédibilité ou toute puissance que nous accordons à notre médecine allopathique.

Dans un article récent paru dans le Matin Dimanche, nous pouvons lire « Rien d’extraordinaire ni de miraculeux, dans l’hypnose. Sauf peut-être sa capacité à nous faire percevoir les choses sous un autre angle, moins problématique. Guidé par un spécialiste, chacun peut trouver son petit truc pour entrer dans sa transe libératrice. Tout bénéfice. ». Plus loin, le Dr.Eric Bonvin indique que «la seule chose que peut faire l’hypnose, et c’est déjà beaucoup, c’est qu’elle modifie la perception de la maladie, du soin qu’on reçoit, de la douleur ou de l’anxiété».

Dans cette perspective, l'hypnose est reléguée à la rubrique "détente" et sa sous-rubrique " trucs et astuces".

Bref,

Pour tous ceux qui souhaitent plonger dans le monde incroyable de l’hypnothérapie, je vous propose ici de larguer les amarres des lieux communs déprimants pour vous faire découvrir les potentiels extraordinaires que proposent cette discipline.

Au fur et à mesure, vous comprendrez comment l’hypnothérapie aborde l’être humain, comment elle fonctionne, comment s’en servir. Nous aborderons son histoire et son évolution jusqu’à nos jours. Je lèverai également le voile de l’hypnose spectacle, les potentiels de l’auto-hypnose et les avantages de l’hypnose de rue.

Vous serez ainsi en mesure d’évaluer la pertinence de l’hypnothérapie et de son incroyable potentiel. Ce blog se veut explicatif, ludique et vivant ! Alors que vous soyez des professionnels de l’hypnose ou curieux d’en savoir plus, n’hésitez pas à m’interpeller.

Pour plus d'informations, rendez-vous sur mon site https://www.hypnotherapie-geneve.ch/

23:31 Écrit par Delphine Perrella | Tags : hypnose, hypnothérapie | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it!